Le mouvement de blocage des lycéens, rejoint par les étudiants pour demander davantage de moyens, a dégénéré jeudi dans plusieurs grandes villes de France.
Gabriel Attal, à Magny, le 11 septembre 2026 ( AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN )
Après l'appel à un "acte deux" de la mobilisation dans les lycées, plus de 300 actions ont été comptabilisées jeudi 1er octobre à travers le pays, certaines débouchant sur violences et affrontements.
Le mouvement de grogne lycéen, qui a débuté la semaine dernière, a pris une dimension politique à sept mois de l'élection présidentielle, avec un bras de fer opposant le gouvernement et La France insoumise (LFI). Les cadres LFI se sont affichés parmi des lycéens, le maire de Saint-Denis le maire LFI déclarant par ailleurs lors d'un déplacement sur un blocage de lycée que "la violence, à un moment donné, peut être légitime".
"Il y a une instrumentalisation de la part de LFI qui est insupportable", a dénoncé sur le sujet Gabriel Attal, jeudi 1er octobre, appelant à "siffler la fin de la récréation.
Le candidat Renaissance à l'Elysée demande ainsi à Jean-Luc Mélenchon et aux députés de LFI "d'arrêter d'utiliser les jeunes comme de la chair à canon politique pour les envoyer se mettre en danger eux-mêmes, et mettre en danger d'autres personnes, des forces de l'ordre ou des personnels de l'Education nationale.
"Qu'il y ait des propos politiques qui qualifient de légitime la violence, c'est inqualifiable et insupportable", a t-il encore ajouté, en référence aux propos de Bally Bagayoko.
Appels à "s'interposer partout"
En réponse à Sébastien Lecornu, qui avait dénoncé une "surenchère irresponsable" d'élus du mouvement de gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon avait aussitôt accusé le locataire de Matignon d'avoir "ordonné la répression" des mouvements de lycéens "avec un arrière-goût raciste évident", alors que les élèves dénoncent un manque de moyens, d'enseignants ou encore de conditions insalubres. Et le chef de file insoumis d'appeler dans la foulée élus et militants LFI à s'"interposer partout" où ils le peuvent.
En Ile-de France, plus de 200 lycées étaient perturbés, dont une cinquantaine "le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations", selon la Région. Dans plusieurs villes, des poubelles ont été renversées sur la chaussée, des feux allumés, des projectiles lancés, des abribus brisés et des feux d'artifice et des gaz lacrymogènes tirés, ont constaté les journalistes de l'AFP. A Nantes, un "incendie volontaire", dont l'origine n'a pas été précisée, a été déclenché dans le hall du lycée Nelson Mandela. A Marseille, le proviseur adjoint et deux autres personnels du lycée Victor Hugo ont été éclaboussés par des "individus qui mettaient de l’essence dans des conteneurs", a précisé le rectorat.
Des incidents violents ont également eu lieu à Besançon, et à Toulouse où des jeunes ont envahi certaines artères et les rails du tramway, bloquant complètement la circulation en certains points. A Strasbourg, la circulation des trams a été interrompue pour "limiter les mouvements des manifestants".
11 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer